Se donner de l’empathie

Durant les deux dernières semaines, je vous ai expliqué ce que, de mon point de vue, était le contrôle et le lâcher-prise. Il vous arrivera peut-être d’identifier une situation où vous êtes dans le contrôle, de tenter de lâcher-prise, d’accepter… et de ne pas y arriver. En tout cas, ça m’arrive assez régulièrement !

Mais comme il n’y a pas de problèmes, que des expériences, voici un autre exercice à réaliser si jamais vous êtes dans ce cas :

Se donner de l’empathie

Qu’est-ce que l’empathie ?

L’empathie est la capacité à ressentir les émotions qui ne sont pas les nôtres, c’est ce qui nous permet de nous mettre à la place de quelqu’un et de comprendre avec le cœur ce qu’il a pu vivre. C’est la capacité qui nous fait faire une grimace quand quelqu’un se cogne ou qui nous fait pleurer pour le héros d’un film.

Pourquoi se donner de l’empathie ?

Quand ça ne va pas, et même parfois quand ça va, il y a une part de vous qui est en désaccord avec la situation. Se donner de l’empathie permet tout simplement d’accepter une situation.

Voici un exemple : Je suis stressée à cause d’une relation de travail et en rentrant je décide de manger du chocolat. Il y a alors plusieurs voix qui s’élèvent en vous, plus ou moins fort. Il y a celle qui décide que la meilleure stratégie pour diminuer le niveau de stress est de manger du chocolat et celle qui s’élève pour dire que manger du chocolat, surtout en dehors des repas, ce n’est pas bien.

Que vous choisissiez de manger ou pas ce chocolat, l’une des voix ne sera pas contente. Ces voix sont des parties de vous qui révèlent des valeurs, des croyances, des conditionnements, etc. Ce n’est ni bien ni mal mais si vous ne les écoutez pas, elles crieront de plus en plus fort jusqu’à ce que vous les entendiez. Si vous décidez que ce sera cette part qui aura raison sans discuter avec elles, vous faites alors le dictateur et cette violence va entraîner des tensions que vous auriez pu éviter. Si on prend notre exemple, vous pouvez ressentir de la culpabilité après avoir manger du chocolat et vous dire « je ne sais pas me contrôler, j’ai honte… » Mais quelle voix parle ?

Un coeur de neige entre les mais d'une femme
Se donner de l’empathie permet de vivre dans l’amour

Se donner de l’empathie :

C’est entendre toutes les parts concernées, sans jugement, simplement pour vous mettre en lien avec elles. Le but est qu’elles se sentent comprises. Ensuite, vous pourrez leur expliquer votre point de vue. Reprenons l’exemple ci-dessus :

Je décide, arbitrairement, de discuter en premier avec la part qui veut manger du chocolat. Je précise néanmoins à la seconde que son tour viendra et qu’elle n’est pas oubliée.

« J’entends que tu veux manger du chocolat.

-Oui. (Vous pouvez entendre oui, le ressentir, chacun fonctionne de manière différente et c’est en vous exerçant que vous comprendrez comment vous fonctionnez. Mais un bon indice est que, lorsque vous touchez juste, la tension dans vos épaules diminue.)

-Est-ce que c’est parce que je suis stressée ?

-Oui

-Je vois… Tu essaie de prendre soin de moi en trouvant une stratégie pour diminuer mon niveau de stress, c’est bien ça ?

-Oui !

-Est-ce que tu as autre chose à me dire ? (Cette partie est importante car elle permet d’être sure que la discussion peut prendre fin)

-Non, c’est bon. (Chouette ! Vous lui avez donné suffisamment d’empathie ! Vous pouvez maintenant lui faire passer votre message)

-Tout d’abord, je tiens à te remercier de chercher à prendre soin de moi. C’est vrai que je suis plutôt stressée en ce moment. Mais ce n’est pas ta responsabilité, je peux prendre soin de moi-même. Est-ce que tu serez d’accord pour qu’on essaie de trouver une autre stratégie pour diminuer mon stress ?

-Ok

-Je reviens voir si tu es d’accord dès que j’ai trouvé une autre stratégie. (N’oubliez pas d’y retourner, sinon cette part va bouder 😉 )

Une bougie dans un bougeoir en forme de coeur
L’empathie pour soi permet également de développer son empathie pour les autres

Passons ensuite à la deuxième part :

« J’ai cru comprendre que tu ne souhaitais pas que je mange de chocolat.

-C’est ça !

-Est-ce que tu as peur pour mon poids ?

-Oui, tu sais bien qu’on est au régime ! Si on commence, on va manger toute la tablette !

-Tu as peur que je perde le contrôle ?

-Oui

-Est-ce qu’il y autre chose ?

ETC

Comme vous le voyez, la méthode est assez simple à l’écrit mais peut vous sembler complexe à appliquer. Il vous « suffit » d’être à l’écoute et de respecter ces 3 règles :

1- Formulez des émotions (en se détachant d’elle) pour essayer de comprendre ce que cette part ressent réellement. Attention, en cas de colère, il y a toujours une autre émotion derrière.

2-Vérifiez que vous avez bien fait le tour et que la part se sent comprise.

3-Remerciez-la pour ses efforts et expliquez-lui ce que vous souhaitez.

Ainsi, même quand la situation n’est pas telle que vous le souhaitez, vous pouvez comprendre ce qui se passe réellement en vous et être un peu plus serein(e).

Si vous souhaitez en savoir plus sur cette méthode, vous pouvez vous pencher sur la communication non violente. C’est un sujet passionnant dont je vous est retranscrit ici ce que j’en ai compris.

Tournez vos oreilles vers vous-même, vous le méritez !

Ajoutez votre grain de sel !